Les VITAMINES

VITAMINE B

Toutes les vitamines B sont réunies dans le COMPLEXE B LM.

  1. Vitamine B1
  2. Vitamine B2
  3. Vitamine B3
  4. Vitamine B5
  5. Vitamine B6
  6. Vitamine B8
  7. Vitamine B9
  8. Vitamine B12

LA VITAMINE B1 :

La vitamine B1 ou « thiamine » a inspiré le terme de vitamine à Casimir Funk qui l’isola à partir de la cuticule de riz en 1910. 20 ans auparavant, il avait été observé que le polissage du riz faisait disparaître un élément dont l’ingestion évitait l’apparition du béribéri. Le concept de carence et de vitamine se trouvèrent dès lors étroitement liés.
La thiamine est sensible à l’oxydation. Le pyrophosphate de thiamine (TPP), forme estérifiée de la thiamine,  représente sa forme active.
Le TPP est le coenzyme d’un grand nombre de systèmes enzymatiques intervenant dans les réactions de transcétolisation et la décarboxylation oxydative du pyruvate et des autres acides alpha-cétoniques.
Le TPP aurait un rôle de neurotransmetteur. Le métabolisme de la vitamine B1 interfère soit directement, soit par l’intermédiaire de voies métaboliques plus ou moins complexes, avec celui de plusieurs autres vitamines telles que les vitamines B2, B6, PP, l’acide pantothénique et les folates.
La carence en vitamine B1 ou béribéri est connue depuis la Haute antiquité comme l’archétype de la maladie carentielle.
Dans les pays industrialisés, les carences sévères se manifestent essentiellement chez les sujets alcooliques et les dénutris voire anorexiques.
Le pôle pivot que jouent les enzymes B1, dépendantes des glucides dans le métabolisme des glucides, explique que le besoin en vitamine B1 soit en partie dépendant du niveau des apports glucidiques.  Ainsi les sportifs dont les apports énergétiques sont élevés, ingèrent parfois des rations très riches en glucides. Leurs apports en vitamine B1 doivent de ce fait, être renforcés. Les besoins énergétiques des adolescents en vitamine B1 sont très élevés, voire supérieurs à ceux des adultes. Les capacités d’absorption active de la vitamine B1 sont réduites chez les personnes âgées.

VITAMINE B2 :

En 1933, KUHN extrait la vitamine B2, du lait. Sa couleur jaune intense facilite sa purification et lui vaut conjointement à son origine lactée, le nom de « lactoflavine ». C’est grâce à la présence d’une unité ribitol dans sa structure que le nom de riboflavine a été attribué à cette vitamine. La vitamine B2 est stable à la chaleur, mais très sensible à la lumière.
  La vitamine B2 intervient sous forme de deux coenzymes, les enzymes flaviniques qui jouent un rôle dans :

  1. le catabolisme des  acides gras, celui de certains acides aminés, et celui des bases puriques ;
  2. la transformation de succinate en fumarate (entrée dans le cycle de Krebs)
  3. la chaîne respiratoire

(Le métabolisme de la riboflavine est contrôlée par différentes hormones thyroidiennes et corticosurrénaliennes qui régulent sa conversion en enzymes flaviniques.)
L’absorption de la riboflavine libérée par hydrolyse sous l’action des phosphatases, s’effectue au niveau de la partie proximale de l’intestin.
Dans les tissus, la riboflavine est présente sous forme de coenzymes liés à des protéines. Environ 1/3 des réserves est hépatique, le cœur et les reins constituant les autres sites majeures de stockage.
Une carence en riboflavine est observable chez les femmes enceintes, les personnes âgées, les consommateurs de contraceptifs et d’éthanol.

LA VITAMINE B3 (ou PP ou niacine) :

Le nicotinamide peut être synthétisé à partir du tryptophane.
Le nicotinamide fait partie intégrante de la structure de 2 coenzymes, le nicotinamide adénine dinucléotide (NAD) et le nicotinamide adénine dinucléotide phosphate (NADP).  NAD et NADP sont des coenzymes d’oxydoréduction,  des transporteurs d’électrons.
Le NAD est le premier maillon de la chaîne respiratoire.
Le NADPH qui se situe en dehors de la chaîne respiratoire, intervient dans les étapes de réduction nécessaires aux biosynthèses par exemple, des acides gras, du cholestérol et de ses dérivés (hormones stéroidiennes, acides biliaires, …).
Le NAD est la source de ribose-ADP mis en jeu :

  1. dans le mécanisme de réparation de l’ADN, activé par divers mutagènes briseurs d’ADN  et par d’autres toxines
  2. dans la mobilisation du calcium.

Un apport insuffisant tant de tryptophane que de niacine préformée, conduit au développement d’une maladie de carence, la pellagre. L’inhibition  de  la voie métabolique du tryptophane, ou une carence en riboflavine ou en vitamine B6, 2 vitamines jouant un rôle de cofacteurs dans la synthèse du NAD et du NADP à partir du tryptophane, peuvent aussi perturber l’état de santé.

LA VITAMINE B5 (acide pantothénique) :

Cette molécule ne peut être synthétisée que par les plantes et les micro-organismes.
Elle est l’un des constituants du coenzyme A. Le CoA est indispensable au métabolisme des glucides, des acides aminés, des acides gras et à la synthèse de stéroides et d’autres métabolites.

Dans le sang, l’acide pantothénique se trouve principalement sous forme de coenzyme A dans les érythrocytes.

L’acide pantothénique abondant dans les produits d’origine animale, est particulièrement sensible à la chaleur. Il se trouve principalement sous forme de CoA et de phosphopantéthéine. Dans l’intestin, ceux-ci sont hydrolysés en acide pantothénique facilement absorbé.

Une déplétion de la ration en acide pantothénique (rare) fait apparaître des désordres neuromoteurs, une asthénie, une exagération des réflexes tendineux, des douleurs et des brûlures des extrêmités, une faiblesse musculaire, des douleurs gastro-intestinales et des anomalies du système lipidique.

LA VITAMINE B6 :

Le terme vitamine B6 désigne 6 composés :

  1. le pyridoxal (PL)
  2. la pyridoxine (PN)
  3. la pyridoxamine (PM) et leurs dérivés phosphorylés
  4. le pyridoxal 5’ phosphate (PLP)
  5. la pyridoxamine 5’ phosphate (PMP)
  6. la pyridoxine 5’ phosphate (PNP)

Le PLP est le coenzyme d’une centaine d’enzymes participant au métabolisme des acides aminés, telles que les aminotransférases et les décarboxylases.
Etant donné son rôle coenzymatique dans le rôle des acides aminés, le besoin en vitamine B6 varie en fonction de l’apport des protéines. L’importance de la vitamine B6 dans le métabolisme des protéines, comme les interférences possible des hormones sexuelles avec le métabolisme de la vitamine B6 expliquent l’intérêt que son étude a suscité chez les femmes enceintes, les femmes allaitantes, les enfants, les adolescentes et les personnes âgées.

LA VITAMINE B8 (H ou biotine) :

La biotine provient essentiellement de l’alimentation et pour une faible part, des bactéries saprophytes du tube digestif.  Elle joue un rôle de coenzyme de 4 carboxylases impliquées dans le métabolisme intermédiaire : la pyruvate carboxylase (première enzyme de la néoglucogenèse), la propionyl CoA carboxylase (qui catalyse la transformation du propionyl CoA en méthylmalonyl), la beta-méthylcrotonyl CoA carboxylase qui catalyse la transformation du beta méthyl-crotonyl CoA, sur la voie du catabolisme de la leucine et l’acétyl CoA carboxylase (première enzyme de la lipogenèse, qui transforme l’acétyl CoA en malonyl CoA).
La carence en biotine concerne surtout sa chélation par l’avidine chez les consommateurs d’œufs crus. Symptômes : anorexie, hallucinations, pertes de cheveux, dépressions et somnolence.

LA VITAMINE B9 (acide folique) :

La molécule d’acide folique est l’acide ptéroyl monoglutamique. La plus grande partie de l’acide folique est présente dans les aliments sous forme de polyglutamates appelés folates.
L’acide folique est sensible à l’air, à la lumière et à la chaleur, surtout en milieu aqueux.
L’acide folique est stocké dans le foie qui renferme la moitié environ des réserves de l’organisme ; le reste est essentiellement contenu dans les globules rouges. Les réserves s’épuisent en 4 mois en moyenne. Le LCR a une teneur en folates  4 fois plus élevée que le sérum.
L’acide folique a un rôle important dans la synthèse de l’ADN et de l’ARN. Sa carence provoque un ralentissement des mitoses dans les systèmes à multiplication rapide, avec des troubles de la lignée rouge (anémie macrocytaire), de l’immunité, ou de l’absorption intestinale, observés notamment chez l’enfant nourri exclusivement au lait de chèvre, très pauvre en folates. Un apport suffisant est donc très important lors de ces situations d’activité métabolique intense que sont la grossesse et le développement de l’enfant, notamment dans ses premières phases.  Enfin, c’est en tant que donneur de méthyle que l’acide folique joue un rôle fondamental dans le métabolisme cérébral et nerveux, dans la synthèse des neuromédiateurs en particulier.
Les déficiences en folates peuvent provenir d’un défaut d’apport alimentaire et/ou d’une augmentation des besoins.  Exemple des régimes hypocaloriques déséquilibrés et peu diversifiés. Les besoins en folates chez la femme adulte sont augmentés dans les cas de contraception hormonale, multiparité, gémellarité, allaitement, consommation excessive de tabac et d’alcool.
Les aliments très riches en folates sont : levure et foie puis les salades vertes, châtaignes, noix, amandes …, légumes verts, fruits et fromages, œufs, …

LA VITAMINE B12 (cobalamines) :

Les cobalamines appartiennent à la famille des corrinoïdes qui sont caractérisés par un noyau tétrapyrrole lié par coordinance à un atome de cobalt. La vitamine B12 est exclusivement synthétisée par des bactéries et présente dans les aliments d’origine animale, liée à des protéines. La cuisson dégrade une partie de la vitamine B12 alimentaire et l’étape gastrique en limite de façon importante la biodisponibilité.
Une carence en vitamine B12 peut s’accompagner d’une anémie macrocytaire, voire mégaloblastique.

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